Références de cet article
Animateur(s)/auteur(s) du sujet : Belin, 2007
Rédacteurs(s) du texte: Gilles Fumey
Numéro du document: 1298
Date de publication: 12 avril 2008
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Des livres
Géographie de l’environnement (Paul Arnould et Laurent Simon)
Paul Arnould, Laurent Simon, Géographie de l’environnement, Belin, 2007, 302 p.

(GIF)

Nouveau paradigme du monde moderne, l’environnement absorbe toutes les questions et les angoisses du monde actuel. Mais le chemin avait été ouvert depuis plusieurs siècles, en passant, pour les sciences humaines, par les travaux plus récents de Serge Moscovici, Emmanuel Le Roy Ladurie et Bruno Latour. Durant ces dernières décennies, l’humanité a franchi des seuils de puissance : les êtres humains manient des masses d’énergie et de matière si importantes que les processus biophysiques comme le climat s’en trouveraient changés. Dans le même temps, une « conscience écologique » est née et donne une arène médiatrice pour le développement durable.

Plutôt spécialistes des forêts, les auteurs n’en recadrent pas moins l’ensemble des thématiques sur les changements environnementaux dans un champ plus vaste comprenant la déforestation, la désertification, la biodiversité, l’érosion des sol et le réchauffement planétaire. De nombreuses réflexions sur les politiques de protection de la nature, allant de la notion de conservation au développement durable actuel montrent la manière dont les hommes construisent leur rapport à la nature et s’y projettent.

La grande nouveauté du livre est d’offrir des analyses locales en territoire arctique, en Méditerranée, en Australie et dans les espaces urbains des pays riches. Ce qui donne, entre autre, l’équation d’un climat « global » qui serait un pur fantasme de la globalisation. Le livre rapporte ces récits locaux édifiants sur le lapin ou le dingo en Australie. Il présente de convaincantes analyses sur l’écotourisme à Madagascar (« un hotspot... des problèmes d’environnement »), ou encore les espaces verts comme des éléments d’une politique urbaine. La question des déchets dans les zones froides du monde, le tourisme polaire, les crises écologiques en Méditerranée donnent à prendre du recul et poser des questions différemment sur notre compréhension du monde.

On perçoit bien par ces zooms que, pour les auteurs, les actions locales sont les mieux à même de répondre aux questions posées par l’humanité à l’échelle globale. Avec toutes les théories actuelles en vogue sur l’effet papillon, le chaînage des événements qui tendrait à faire penser que tout est global, que le global est l’écho du local, qui l’eût cru ?

Compte rendu : Gilles Fumey


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