Cher Australien,
Je vais te faire une "rétro carte postale". Car je viens de recevoir ta carte et avant de la mettre sur mon frigo ou au-dessus de mon imprimante en hommage à ton attention, et je voudrais te dire ce qu’elle m’inspire de loin. Sydney, l’autre bout du monde, comme on dit ici. Effet d’optique, bien sûr, encore qu’au portefeuille et sur la montre, la distance n’est sans doute pas une chimère. Ce qui me frappe ici, c’est ce que j’ai vu à San Francisco ou dans les villes de la côte Est américaine sur les longs estuaires atlantiques voire à Stockholm en moins spectaculaire, c’est l’imbrication de la mer et de la ville. L’ensemble est bien paysagé, la mer atténue les effets de densité, et les ponts sont autant de sas qu’on franchit cérémonieusement d’un quartier à l’autre. Excellent pour marquer son territoire : chacun étant assez loin par rapport à l’autre. Regardes ce parc. Tu me dis que c’est une tentative très british, voire londonienne de vouloir du vert dans la ville, beaucoup de vert. Mais les rapaces immobiliers rôdent autour et la spéculation doit bien arranger la classe politique ici. En proue sur la mer, me rappelant Casablanca et sa grand mosquée blanche, l’opéra, une sorte de grand oiseau prêt pour son envol. Est-ce que le CBD est en damier ? Je devrais aller sur google pour vérifier mais on se trompera pas en pensant que oui. Le gratte-ciel serait aussi le fils du damier.
Ta carte montre bien d’autres choses, mais elle est surtout faite pour rêver. Les Américains doivent en raffoler car cela ressemble tellement à leurs villes. Et en même temps, sur place, au ras du bitume et des échoppes, des boutiques et des parcs, ce doit être une autre faune... Bon été !
Gilles Fumey
