Etude de Cas : Port-Au-Prince
| Lisez l’article du quotidien Libération consacré à la situation dans la ville http://www.liberation.com/page.php ?Article=182238 Plan du centre-ville : http://www.haiti-business.com/plan_port.htm Port au Prince est à la fois un enjeu du combat politique actuel en Haïti et le lieu où se concentre le plus la violence. Les tension et l’instabilité politique de ce pays ont été évoquées lors du café géographique animé par J.M Théodat (voir les extraits à la fin de cette fiche). Mais que représente la ville de Port-au-Prince dans le territoire et la population Haïtienne ? |
1)à Partir d’un Atlas, localisez la République d’Haïti
2) partir des cartes suivantes, décrivez le site et la situation la ville de Port-au-Prince
http://www.reisenett.no/map_collection/americas/Haiti_rel99.jpg
3) Caractérisez l’évolution de la population d’Haïti à partir des statistiques suivantes
| 1950 | 1970 | 1990 | 2000 | 2015 | |
| population d’Haïti (en milliers) | 3.200 | 4.500 | 6.900 | 8.100 | 10.200 |
| population urbaine (en milliers) | 397 | 889 | 2.035 | 2.900 | 5.300 |
note : les chiffres en italique sont des estimations.Source : ONU, rapport 2001 sur l’urbanisation mondiale
(http://www.un.org/popin/functional/population.html)
Caractérisez la place de la ville de Port au Prince dans la population Haïtienne ( et son évolution)
| 1950 | 1970 | 1990 | 2000 | 2015 | |
| population de Port-au-Prince | 144 000 | 345000 | 881000 | 1 427000 | 2 864000 |
| taux d’accroissement annuel pendant la décennie concernée en % | 5.9 | 4 | 4.5 | 3.5 | - |
note : les chiffres en italique sont des estimations. Les taux d’accroissement annuels ont été arrondis au dixième supérieur.

données : ONU, rapport 2001 sur l’urbanisation mondiale
(http://www.un.org/popin/functional/population.html)
Quelle est la place de Port-au Prince dans le réseau urbain haïtien ;utilisez les documents précédents et la carte interactive de ce site :
http://www.citypopulation.de/Haiti.html
7) Analysez la situation décrite dans le premier paragraphe du texte suivant en utilisant le travail réalisé dans les questions précédentes. L’explication doit également enir compte d’indicateurs du niveau de développement du pays (PIB/hab, IDH) à rechercher.
http://www.unites.uqam.ca/urbanisme/Textes/c_goulet.html
Haïti 1800-2000 : une nation sans Etat ? (extraits)
Pour Jean-Marie Théodat, l’expérience haïtienne d’une voie paysanne vers l’autosuffisance alimentaire, et l’autonomie politique a échoué, je pense que c’est la conséquence d’une inadéquation entre l’Etat et la nation.
L’argumentation s’articule autour de trois points :
L’Etat sans la nation
Toussaint Louverture a reçu un legs sans héritage : les cadres de l’administration coloniale et l’organisation de la plantation vont peser durablement sur les lignes de forces spatiales. Or la nation n’est alors
qu’une ébauche, une communauté fragmentée. Tout le travail de Toussaint Louverture a consisté à jeter les fondements d’une nation intégrée, surmontant les clivages de divers ordres.
La dispersion de forces vives. Le refus de la population de travailler sur les plantations aboutit à un exode séculaire qui va prendre la forme d’un marronage interne, vers les montagnes, puis d’un exode rural qui gonfla la population des villes, enfin l’émigration vers les pays voisins d’abord (Cuba, Bahamas,
République Dominicaine, DFA) puis vers les USA et l’Europe.
La nation sans l’Etat
Le pays est l’un des plus pauvres du monde et son territoire est désormais occupé par des troupes étrangères qui y assurent le maintien de l’ordre constitutionnel après une quasi guerre civile de trois ans. A ce stade de l’évolution, la nation existe : elle l’a exprimé en des occasions solennelles qui l’ont vu manifesté un désir commun de démocratie et de transparence dans la gestion des affaires de l’Etat.
Mais les dictatures successives ont fait mains basses sur les caisses publiques, dilapidé le patrimoine foncier de l’Etat, laissé à l’abandon les services publics. En 1994 la dissolution de l’armée a été le point culminant de la perte de souveraineté symbolique de la nation. De sorte que la nation a dû se réfugier dans un espace qui dépasse les cadres de l’Etat, constituant ainsi un réseau qui par ses activités économiques et ses transferts de devises permet au pays de survivre.
[...]
Les éléments structurants du territoire haïtien
Haïti est une république qui occupe la partie occidentale d’une île qui n’a pas de nom. C. Colomb l’a baptisée Hispaniola, mais ce nom n’est plus employé car il fait injure à la mémoire des premiers habitants, les Indiens qui furent tous massacrés.
Haïti s’étend sur 27 000 km2 à l’ouest de cette île, l’est étant ocuppé par la République dominicaine qui s’étend sur 48 000 km2. La frontière N/S qui les sépare est de 270km. La République dominicaine est composée d’une vaste plaine alors qu’Haïti est plus montagneux.
La densité est forte : 250 à 350 hab/km2, la population est presqu’exclusivement agricole (80% des actifs). Les industries sont inexistantes. Le secteur tertiaire est un secteur informel. Mais ce territoire s’inscrit dans un réseau économique plus large du fait de la diaspora d’un million et demi d’Haïtiens résidant soit en Floride, à New York ou en République dominicaine. Cette situation d’ouverture du marché haïtien permet d’échapper à l’extrême dénuement depuis dix ans.
On est certain que 10% de la drogue qui arrive aux Etats-Unis passe par Haïti, en provenance du Pérou ou de la Colombie. L’argent de la drogue est important pour l’économie haïtienne car il devrait permettre l’intégration d’Haïti à l’économie moderne.
Pour le moment, 250 000 Haïtiens vivent soit de la récolte du riz, du café, soit du bâtiment. En effet, la construction d’hôtels se développe car l’île peut accueillir de nombreux touristes. le commerce informel est important à la frontière avec la république voisine. Des fripes, des parfums, de l’huile importés sans droits de douane par Haïti sont revendus aux Dominicains pauvres à la frontière. En effet, le commerce informel est en pleine extension. Du temps des Duvallier, un seul port avait le droit d’être ouvert sur l’extérieur. Aujourd’hui, plus d’une vingtaine de ports font de la contrebande. Mais à plus ou moins long terme, cette situation risque d’entraîner la désagrégation totale du tissu économique et en particulier artisanal.
Le compte-rendu complet :
Haïti 1800-2000 : une nation sans Etat ?
