Sur les arbres de Noël
La première mention, actuellement connue, d’un sapin de Noël est celle de 1521 en Alsace, où l’on joue "l’arbre d’Eden" dans les mystères devant les églises. Mais déjà avant Noël, le rite du solstice d’hiver se marque par la décoration d’un arbre avec des fleurs, des fruits, notamment des pommes rappelant celle d’Adam au paradis. Ce qui est dénoncé comme une pratique païenne par l’Eglise.
L’adjonction d’une étoile rapproche le sapin des traditions religieuses, jusque dans les communes protestantes qui adoptent le sapin comme un totem, visant à se démarquer de l’Eglise catholique, d’autant que les crèches sont interdites par les Eglises luthériennes et calvinistes.
Au 17e siècle, les sapins s’illuminent grâce à des coquilles de noix qu’on remplit d’huile où brûlent des mèches.
La véritable diffusion du sapin se fera par l’Angleterre où la nouvelle reine Victoria, découvre l’arbre à Windsor, après son mariage avec Albert, de culture germanique [1]. De Londres, le sapin sera ensuite popularisé aux Etats-Unis. En France, il se déploie depuis l’Alsace grâce à Marie Leczynska qui l’introduit à Versailles en 1738.
Plus tard, l’arbre de Noël est symbole de résistance à l’Allemagne et de soutien à ceux qui n’acceptent pas d’avoir perdu l’Alsace : "là où il y a une famille alsacienne en France, il y a un sapin". Les Américains vont illuminer le sapin moins dangereusement qu’avec des lampes à huile grâce à Edison qui installe la première guirlande électrique en 1882. On y ajoutera au 20e siècle, du gui en souvenir des druides.
Sur les crèches
Dès le IVe siècle à Bethléem, se met en place le culte de Noël, la première messe de Noël étant célébrée sous Constantin en 336.
La religion orientale fera de Noël une fête de lumière par la simple liturgie qui est très élaborée de manière rituelle. Mais, plus au Nord, les théâtres devant les églises se développent au Moye-Age l’hiver et, notamment, à l’occasion de Noël où l’on joue la nativité devant le porche des églises, jusqu’à ce que les rites "dérapent" parfois vers la fête paillarde, obligeant l’Eglise à riposter en commandant aux artistes des nativités. Sur les proches des églises, les chapitaux et les fresques et, finalement, les tableaux dont l’art culminera avec G. de La Tour au XVIIe siècle.
Saint-François, ami des animaux et des gens simples, créé la crèche dont le caractère figuratif séduit les Jésuites qui l’exporteront dans le monde entier. Interdites à la Révolution, les crèches jouées sont miniaturisées en plâtre ou en bois et deviennent domestiques. Seule la Provence, conserve, intacte la tradition, en y ajoutant au cours du 19e siècle, les santons (du latin santorum, petit saint) qui évoquent la simplicité franciscaine de la scène.
[1] C’est également à l’époque victorienne que se construit la fête de réunion familiale qu’est devenue Noël, dans une ambiance renforcée par la littérature, et surtout Dickens et son "Christmas Carol"(conte de Noël ; l’Angleterre, alors première puissance mondiale, diffusera aussi sur le continent la mode de la dinde du repas de Noël
