Pour faire de la géographie, il faut commencer par voyager. Claude Collin-Delavaud, lui, s’est fait géographe pour continuer à voyager. Sa vocation se révèle à lui en plein désert afghan, alors que Jean-Pierre Allix le presse de passer l’agrégation, mais elle remonte à son enfance. « Voici longtemps que je ne m’interroge plus pour savoir si je suis né géographe. Au fond, on ne devient pas géographe pour répondre à la question ’Que vais-je faire dans ma vie ?’. On l’est déjà ». Il n’empêche : sa vie est soudainement tracée et elle conduira sur presque tous les continents jusqu’à l’Université.
Dans ce long récit, riche en détail et en anecdote, Claude Collin-Delavaud déroule le fil de sa vie et entraîne son lecteur à ses côtés dans tous ses voyages : depuis les sentiers de son enfance à travers les forêts de l’Ile-de-France ou du Bassin d’Arcachon, en passant par la route de la soie qu’il rencontre pour la première fois en Afghanistan et en Turquie où il tourne ses premiers films, les routes du Pacifique à bord de La boudeuse, jusqu’aux pistes de la Transamazonienne au bout de laquelle s’étend le littoral du Pérou, son terrain de thèse. Ces multiples chemins qu’il parcourt avec une fougue et un enthousiasme incroyables lui ouvrent les portes de Paris VIII où il a formé de nombreux étudiants à qui il a transmis son amour des voyages et de la découverte.
Cet ouvrage plaira à tous ceux qui aiment les récits d’exploration. Avant d’être un géographe, Claude Collin-Delavaud est un voyageur et son style est celui d’un aventurier. En quelques lignes, il évoque un souvenir lointain, ébauche un décor exotique et raconte un moment vécu. Il fait le récit de rencontres, d’amitiés, de découvertes et de recherches. Une vie entière passée entre l’Asie Centrale et l’Amérique du Nord.
Des photos de l’auteur illustrent ces récits, et complètent les descriptions de ces lointaines contrées qu’il a parcourues par tous les moyens de transport imaginables.
A la dernière page de son livre, il s’explique sur les motivations qui l’ont conduit à l’écrire : « Géographe impénitent, je n’en ai pas terminé avec ses frontières, escorté par une géographie pleine d’avenir. N’ayant accompli que la moitié du chemin arrivé entre mes 70 et 80 ans, j’avais simplement besoin de faire le point ». Souhaitons lui donc de repartir en voyage, et de vite revenir nous les raconter !
Compte-rendu : Yann Calbérac
