« Penser global et agir local ». Derrière ce slogan à la mode dont on a fait la devise de la mondialisation, se cache une réalité : la micro-échelle (cantonale voire communale) qui suscite toujours l’intérêt des géographes et des professionnels des territoires. On peut expliquer ce regain d’attention par deux facteurs. D’une part, la dimension pédagogique du terrain trouve à cette échelle un cadre commode pour mener à bien ses premières recherches, seul ou en groupe, et éprouver ainsi les concepts et les méthodes appris en amphithéâtre. D’autre part, l’essor des regroupements intercommunaux nécessite la formation de spécialistes de l’aménagement du territoire capables d’appréhender les territoires et les systèmes communaux, et de dégager la spécificité d’une commune.
Dans cette perspective, le but de l’ouvrage est de proposer une méthode et des outils systématiques d’étude du territoire communal. Il se situe dans le prolongement du célèbre manuel La France des 36 000 communes dont il constitue la mise à jour enrichie et actualisée. Le principe reste le même : présenter les différents documents que l’on peut mobiliser au cours de l’enquête et expliquer comment les exploiter. Ceux-ci relèvent de quatre catégories : des statistiques (produites par l’INSEE ou d’autres organismes), des cartes et plans, des relevés de terrain ou d’entretiens (les matériaux de première main constitués par l’enquêteur), sans oublier les films et les photographies qui constituent des documents et des sources à part entière et qu’il faut savoir utiliser. C’est l’un des points forts du travail de Xavier Browaeys à l’université Paris-1 où soutenir un travail de recherches sous la forme d’un film s’est banalisé, mais avec des exigences si fortes que certains étudiants s’orientent, à partir de là, vers les métiers de l’audiovisuel...
Près de quarante thèmes sont traités, offrant ainsi une grande diversité des angles d’approche du territoire communal. On a des mises au point aussi variées que « la dimension touristique », « la protection du patrimoine », « les enjeux locaux de l’environnement » ou « les découpages institutionnels ». Ces thèmes sont traités regroupés en grandes parties : les paysages, les appartenances, la population, l’emploi, la société... Pour chaque thème, l’ouvrage présente les documents à mobiliser et où se les procurer ; la méthodologie du commentaire est largement rappelée. L’ouvrage constitue un bon guide qui fait le point sur les documents dont peut disposer le géographe dans ses recherches. Bien plus, il sert de vade-mecum pratique en rappelant les astuces et les pièges à éviter pour bien les utiliser : les cartes, les Plans Locaux d’Urbanisme, les annuaires démographiques et autres comptes d’exploitations agricoles n’auront plus de secret pour le lecteur !
Cet ouvrage constitue donc un outil commode tant pour se perfectionner dans le commentaire de documents que pour se former au terrain, ainsi qu’à certaines formations qui relèvent de l’aménagement, de l’urbanisme, du patrimoine ou du tourisme. Les étudiants y trouveront un panorama assez complet des compétences qu’ils auront à déployer pour leurs recherches. Nul doute, ce livre manquait ; on lui souhaite une belle carrière.
Compte rendu : Yann Calbérac
