Débat animé par :
Bernard Faye, vétérinaire (Inra/Cirad) et expert en élevage laitier en milieu tropical, de la brebis à la chamelle en passant par la vache
Florence Gaty, photographe partie à la rencontre des Peuls dans son projet "La rivière de lait"
Dorothée Guilhem, anthropologue, dont la thèse est consacrée à l’esthétique chez les Peuls
Salamatou Sow, linguiste et ethnologue de l’Université de Niamey (Niger)
Ce café géo a bénéficié du partenariat chaleureux, de l’aide très appréciable et de la compétence reconnue du Centre interprofessionnel du lait, et notamment la directrice de l’Observatoire CIDIL des comportements alimentaires, Maggy Bieulac-Scott.
Comme le rappelle Gilles Fumey en introduction au débat, l’arrivée des vaches dans une ville est un événement géo-culturel remarquable. L’exposition Vach’Art, manifestation artistique qui se déroule à Paris du 24 avril au 26 juin 2006, montre avec humour et esthétique que les vaches sont désormais au cœur des villes. Ces cent cinquante animaux en résine et décorés par des artistes talentueux rappellent aux Parisiens, qui n’en connaissent souvent que les produits laitiers, toute une mythologie : le lait n’est-il pas source de vie, symbole d’abondance, et même de beauté dans certaines cultures ? Les Peuls sont à cet égard un cas remarquable, qui fait d’abord tomber l’idée reçue qu’aucun Africain ne boit de lait et qui illustre le rapport intense d’un peuple avec ses vaches. Présents dans plus de vingt pays d’Afrique, les Peuls n’ont pas d’Etat et sont de fait souvent oubliés dans les discours et les écrits, alors qu’ils constituent l’un des plus importants peuples nomades au monde. Heureusement, Florence Gaty (photographe) avec l’aide de Hacène Sadoune (mouleur-sculpteur) présentent une vache peul place Saint-Germain-des-Prés, pour rappeler combien les vaches sont, chez les Peuls, symboles de luxe et de beauté.
UN PEUL SANS TROUPEAU, C’EST UN PRINCE SANS COURONNE
Quand on demande à un Peul combien il a de vaches, il répond bien souvent : « pas assez ! ».
La photographe Florence Gaty a rencontré, accompagné et étudié les Peuls, ces pasteurs qu’on retrouve de la Mauritanie à l’Ethiopie et qu’unissent cette rivière de lait et leur relation aux vaches et à leurs produits. Les Peuls auraient amené le lait en Afrique, et ont su en découvrir tous les secrets et l’importance quant à l’esthétique et à l’image. Ces six millions d’éleveurs nomades ont une affection quasi métaphysique pour les vaches et ils conduisent les troupeaux vers les pâturages fertiles.
Le vétérinaire Bernard Faye a côtoyé plusieurs peuples pastoraux africains, mais les Peuls ont une relation affective avec leurs vaches. Il connaissait un jeune berger qui connaissait tous les noms des 987 vaches de son ranch, leur numéro, et le nom de chacun de leurs parents, alors même qu’elles avaient toutes rigoureusement la même robe ! Comme lui disent les Peuls : « la vache, c’est le bonheur ». On retrouve les Peuls et leurs vaches surtout au Sénégal, en Guinée, au Niger, au nord du Nigeria, ainsi qu’au nord du Cameroun. Plusieurs groupes ethniques se distinguent dans les vastes espaces qu’ils habitent, de la Mauritanie à l’Ethiopie. Certains sont nomades, d’autres victimes de la sécheresse ont migré pour se sédentariser autour des villes. Partout, la vache peul occupe une place de choix dans leur fond identitaire commun. De fait, les Peuls du Niger sont toujours dans l’activité pastorale, même pour les citadins qui ont des vaches à la campagne, gardées par des bergers salariés.
Très grands consommateurs de lait, les Peuls en font un véritable produit identitaire, rappelle Bernard Faye. Ils sont passés d’une économie laitière de subsistance à une économie marchande du lait, dans le cadre d’une demande urbaine croissante (du fait de la hausse démographique). Pour les pasteurs, on donne le lait, on ne le vend pas, sauf s’il s’agit de surplus que les femmes vont vendre. Depuis quinze ans toutefois, la demande périurbaine est si forte que des élevages s’installent autour des villes pour produire un lait essentiellement destiné aux urbains. Près de Nouakchott, des parties de troupeaux se sédentarisent en zone périurbaine pour la commercialisation du lait, l’autre partie du troupeau restant en zone pastorale. Alors que les femmes avaient la charge du lait après la traite, ce sont maintenant les hommes qui s’approprient la vente. La sédentarisation partielle des troupeaux s’accompagne de l’émergence de nouveaux métiers (les coupeurs d’herbe pour les élevages périurbains) et de nouvelles pratiques (des éleveurs n’achètent plus que des femelles en lactation).
SA MAJESTE LA VACHE PEUL
Alors que les vaches sont adultes vers deux ans en Europe, les vaches peules ne le sont que vers quatre ans. Après une gestation de neuf mois, la lactation commence bien sûr au vélage (naissance du veau) et dure en moyenne huit mois, mais peut durer parfois jusqu’à douze mois ! Alors qu’une vache française produit trente litres par jour, les vaches peul n’en produisent qu’un demi-litre, soit 500 à 1000 litres par lactation de huit mois. La vache peul, garante de la sécurité du troupeau, ne vit pas dix ans comme en Europe, mais bien plutôt quinze à vingt ans.
La vache peule a une bosse caractéristique au niveau du cou. Comme beaucoup d’espèces en milieu aride où il y a une forte variation de ressources (il ne plus que deux mois par an au Niger), les vaches ont su s’adapter au milieu : cette bosse leur permet de stocker de l’énergie sous forme de gras, à l’image de la bosse du zébu, de la queue du mouton ou du fessier des femmes (d’où le cas de la Vénus hottentote [1]).
Les parents de Salamatou Sow, restés en brousse, possèdent, bien sûr, des vaches. S. Sow elle-même en avait conservé lors de son installation en ville. Elle les avait dans sa cour à Niamey, mais ses enfants n’en ont plus voulu ! Dans la société peul, ce sont surtout les garçons qui s’occupent des troupeaux, tandis que les femmes s’occupent du lait. Les garçons n’ont, à l’entendre, pas de rôle majeur. Ils ne savent que traire et on laisse les vaches s’orienter dans leur quête d’herbe, d’eau et de liberté ! Toutefois, si la société est analphabète, elle dispose de solides géographies vernaculaires, la mémoire aidant à se repérer géographiquement et à s’orienter.
LE LAIT, LA VACHE ET LA FEMME
Pour Salamatou Sow, la femme peul est au centre du système pastoral, qui s’articule autour de trois fondamentaux : « la femme, la vache et la foi ». C’est la femme qui gère et transforme le lait. Toute une représentation d’une femme idéale en harmonie avec le troupeau fait florès chez les Peuls : quand le troupeau est prospère, qu’il produit beaucoup de lait, c’est lié au magnétisme de la femme ! La vache est du reste un héritage divin. Le mythe d’origine veut que les Peuls soient les descendants d’un frère et d’une sœur chassés par leurs parents pour avoir perdu la maîtrise de la langue de leurs ancêtres. Ils se mettent à errer, allument un feu et un bovidé sort de l’eau et vient vers eux chaque soir. Cette vache est donnée par Dieu et ce frère et cette sœur l’adoptent. Les Peuls seraient finalement un peuple élu au service de la vache. Dans les cases, il y a un autel où on pose le lait dans une calebasse, même si les Peuls sont très largement islamisés. Et si les vieilles vaches sont amenées à l’abattoir, il faut se rappeler qu’elles sont abattues lors de grandes occasions. Faire un tel sacrifice touche au sacré comme l’indique l’étymologie. Les Peuls aiment leurs vaches et les abattent, seuls les citadins occidentaux y voient une contradiction.
Si au nord-est du Niger, on produit un fromage sec avec de la présure de veau, la majorité des Peuls ne font que du lait frais, du lait caillé et du beurre. La calebasse pour traire est peu décorée, à l’inverse de la calebasse pour se nourrir qui est richement parée de pyrogravures. Le lait est trait le matin, le surplus étant jeté en août dans les points d’eau (surtout pas par terre !) car il fait trop chaud pour le conserver. Une autre traite a lieu le soir : on garde alors le surplus pour le caillage qui alimentera les marchés hebdomadaires. D’où l’installation des troupeaux à faible distance de ces marchés, entre 7 à 20 kilomètres. Comme ce sont des femmes peules nomades qui vont vendre le lait dans les marchés, elles fascinent souvent les hommes sédentaires qui voient en elles des vendeuses mystérieuses venues de la brousse.
LE LAIT, SOURCE DE BEAUTE
Dorothée Guilhem s’est penchée sur l’anthropologie de l’esthétique peul. Elle tient à préciser d’emblée qu’il y a des sociétés peuls, des sociétés plurielles, qui ont toutes il est vrai un rapport particulier aux vaches. Dorothée Guilhem travaille avec des Peuls sédentaires qui n’ont rien perdu du symbolisme de la vache. Les animaux sont certes confiés à des bergers nomades, mais le capital symbolique de la possession de la vache demeure. Le beurre tiré du lait de vache servait à rendre les cheveux lisses et brillants, et était utile pour soigner la peau. Il n’est plus du tout utilisé aujourd’hui, mais le lait de vache est bu en ville, frais ou bouilli. Pour les plats, on le dilue dans l’eau du fait du manque de lait. On donne du lait aux bébés pour fortifier leurs os. S’alimenter en lait faciliterait un blanchiment naturel de la peau et la rendrait douce et brillante. Du reste, les crèmes occidentales seraient moins efficaces que le lait de vache. Grâce au lait, les femmes acquièrent un embonpoint corporel qui correspond bien aux canons de la beauté qui ont cours chez les Peuls sédentaires : la peau claire, les dents blanches, les lèvres tatouées pour bien faire apparaître la blancheur des dents, les yeux en amande et un grand front. Elles n’hésitent d’ailleurs pas à se raser le haut du front pour l’allonger. Rappelons que les femmes peul ont des traits métissés, des cheveux longs et non crépus, et adoptent la démarche peule, faite d’une marche droite, d’un regard qui ne croise pas les yeux de l’autre, d’une taille plutôt haute et d’un corps galbé quoique mince. Florence Gaty a donc collé sur la vache peule exposée à Saint Germain des Près, des photos de ces femmes maquillées et couverte de bijoux en train de traire des vaches. Hommage à leur beauté et à leur rapport à la vache. Les hommes aussi sont très attachés à la beauté physique et cherchent, comme les femmes, à avoir une peau blanche. Les touristes blancs jouent un rôle crucial dans les représentations esthétiques, alors même que bon nombre d’entre eux sont fascinés par la beauté, l’apparence, la coquetterie, le caractère et la confiance des Peuls. L’obsession de la beauté qu’ont hommes et femmes peuls se retrouve dans le miroir portatif qu’ils ont tous. La beauté est une politesse due à autrui, et il n’est pas rare de voir les Peuls veiller à enlever soigneusement toute poussière de leur corps ou de leur vêtement.
Il y a beaucoup de distinctions de couleur de peau parmi les Peuls. Ceux à la peau claire descendraient de nobles, tandis que les Peuls à la peau sombre sont ancêtres d’anciens captifs ou d’agriculteurs et de pêcheurs, en aucun cas de groupes valorisés. D’où l’importance d’avoir une peau brillante et claire, ainsi que des vaches, qui sont un signe extérieur de richesse. Les crèmes occidentales permettant de blanchir le derme permettent à certains de remonter dans le statut social. Comme le rappelle Salamatou Sow, le monde peul se pense à la charnière du monde blanc et du monde noir. Le peuple aurait des origines éthiopienne ou juive, et dans leur vision du monde il y a les Blancs, les Noirs, et les Peuls.
LE LAIT, LES VACHES ET LE TROUPEAU
Pour Bernard Faye, chaque culture a sa façon de traiter le lait. Les Peuls n’ont pas de longue tradition fromagère, ils préfèrent le lait caillé ou fermenté. La langue peul, qui compte cinquante mots pour décrire le dessin de la robe d’une vache, et plus de vingt pour en décrire la couleur, ne dit pas cailler le lait, mais le « faire dormir ». Comme il fait très chaud, de nombreux problèmes d’hygiène se posent. Le système de redistribution du lait, via tout un système de concession, est particulièrement fascinant. La notion de troupeau est très différente en Afrique : on y retrouve des animaux du propriétaire, des animaux de sa femme, des animaux appartenant à des parents et, enfin, des animaux appartenant à des connaissances. L’hétérogénéité de la propriété suppose une habile répartition du lait, chaque obligé ayant sa calebasse. L’avantage d’un tel système réside dans la sécurisation du système de production laitière, face aux épidémies, à la guerre ou à la sécheresse. Les vaches sont réparties dans différents troupeaux, ce qui limite les risques et surtout établit tout un tissu de relations. On peut d’ailleurs prêter une vache à une personne qui a tout perdu, à charge alors à celle-ci de rembourser par la suite ce prêt. Il existe toute sorte de contrats pour sécuriser les troupeaux. Outre la diminution du risque par la répartition des vaches dans différents troupeaux, le nomadisme et l’élevage de différentes sortes d’animaux (pas que des vaches) assurent une certaine sécurité. Cette stratégie de répartition des risques se retrouve dans la plupart des peuples pastoraux, des Touaregs aux peuples d’Asie centrale.
Michel Sivignon se demande ce qu’on fait des mâles. Salamatou Sow rappelle qu’il y a des bœufs porteurs, beaucoup plus valorisés que les ânes, et que le premier bovidé mythique est censé être hermaphrodite. Bernard Faye souligne que la viande rentre dans les circuits marchands. Les mâles sont commercialisés vers l’âge de 1-2 ans. La castration permet d’engraisser les animaux ou d’éliminer les mauvais mâles. Les circuits de la viande sont très importants dans l’économie, bien qu’ils soient fortement perturbés par l’importation de viande européenne congelée et subventionnée. De fait, si la peste bovine et la péripneumonie contagieuse bovine ont souvent décimé des troupeaux, le commerce international est plus dramatique que les soucis sanitaires. Les marchands de bestiaux sont très puissants, du fait de l’importance de ce commerce de viande avec les non Peuls. A la différence des pasteurs d’Asie centrale, les Peuls eux-mêmes mangent peu de viande, si bien qu’ils vendent les mâles et les animaux les moins résistants aux sécheresses très vite. On compte beaucoup de buveurs de lait en Inde, les Français mangent du fromage bien plus qu’ils ne boivent du lait (quatre fois moins que les Kazakhs). Il semble que les peuples adeptes de cavalerie à cheval mangent plus de viande que les nomades qui marchent à côté de leurs vaches et qui seraient plutôt buveurs de lait.
LUXE, CALME ET VERRE DE LAIT ?
Les relations avec les Touaregs, nomades voisins, sont courtoises, mais s’ils vivent dans le même espace, ils ne se mélangent pas. Pour Salamatou Sow, ils partagent la même retenue, la même pudeur, la même fierté aussi de mener une vie d’élevage et de liberté, la même beauté.
En revanche, pour ce qui est des frontières étatiques, les Peuls ne les connaissent pas, selon Salamatou Sow. Vu que la brousse est « de Dieu », ils ne distinguent pas celle du Niger, du Bénin ou de Mauritanie. De fait, les tueries sont fréquentes avec des gardes forestiers, du fait d’une privatisation de l’espace qu’ils ne connaissent pas bien. Ils prennent parfois le risque de faire paître leurs troupeaux dans les réserves de fauves, qui n’en demandent pas tant pour manger les bêtes. La notion de barrière leur est étrangère, renchérit Bernard Faye, et leur culture pastorale n’est pas arrêtée par les barbelés qui sont rapidement détruits. Une frontière est un simple trait sur une carte pour eux, et en cas de crise climatique, ils n’hésitent pas à descendre beaucoup plus au Sud, ce qui ne va pas sans conflits avec les cultivateurs. On a même compté des morts au Niger, du fait de cette gestion problématique d’un espace pour des nomades descendant chez des sédentaires.
Florence Gaty précise qu’au Bénin, une vache se négocierait entre 100.000 et 450.000 francs CFA, alors qu’un champ ne rapporte que 2500 francs CFA sur un an à l’agriculteur. Les motifs économiques ne sont pas étrangers aux différends... Les Peuls sont alors perçus comme de riches pillards parmi les champs des agriculteurs. Les Peuls se retrouvent de fait les premiers en prison, mais le code d’honneur leur impose de conserver la maîtrise d’eux-mêmes. Salamatou Sow rappelle que le cultivateur connaît mieux l’administration grâce à sa sédentarité, le nomade devant souvent vendre un bœuf très cher pour dédommager le cultivateur qui a vu sa plainte aboutir et payer les frais annexes de police, justice et corruption...
LE LAIT A LA CONQUETE DU MONDE
Michel Sivignon rappelle que longtemps les Chinois ont complètement ignoré le lait, tout comme les populations d’Asie méridionales ou d’Amérique latine. Au final, un tiers de l’humanité ignore le lait ! Bernard Faye répond que la consommation de lait explose dans le monde, à cause de l’élévation du niveau de vie. Les courbes de la consommation de lait et du PIB sont remarquablement liées. Au Vietnam par exemple, la consommation de lait était de 50 cl par habitant et par an en 1990 contre quinze litres aujourd’hui, soit une multiplication par trente en seulement quinze ans. Une bonne nouvelle pour la planète ! Comme le dit un proverbe peul : « quand le lait est abondant, la santé est abondante » !
Quelques lectures :
Le lait du monde, Paris, éditions de l’OCHA, 2006 où on trouve toute sorte de citations, comme celle de Cécile Sorel : « pourquoi je prends des bains de lait ? Parce que je n’ai pas trouvé de vache assez haute pour prendre des douches ».
Guy Di Méo, Géographie de la fête, Ophrys, 2001
« La place de l’animal » (Espaces et sociétés, vol. 110-111)
Les sociétés animales (Jacques Goldberg)
Des cafés géo sur ce thème :
Les vaches dans la ville, un événement géo-culturel (brève de comptoir des cafés géo)
Du village à la planète : les territoires de la fête
Y a-t-il une géographie du territoire animal ?
Nature et culture en géographie
Bénabar géographe ? A propos du zoo de Vincennes
Des sites internet :
Le Centre interprofessionnel du lait, un site très complet, une mine d’informations sur tous les sujets liés au lait : http://www.cidilait.com.
Le blog des produits laitiers www.produits-laitiers.com
Compte-rendu : Olivier Milhaud
[1] Cette femme du début du XIX° siècle, aux fesses surdimensionnées, devint rapidement un objet de convoitise sexuelle et de curiosité scientifique malsaine « La Vénus hottentote conquit donc sa renommée en tant qu’objet sexuel, et la combinaison de sa bestialité supposée et de la fascination lascive qu’elle exerçait sur les hommes retenait toute leur attention ; ils avaient du plaisir à regarder Saartjie mais ils pouvaient également se rassurer avec suffisance : ils étaient supérieurs. » (Stephen Jay Gould, Le Sourire du flamant rose, Seuil/Points Sciences, 2000). Cette citation provient du site Terres de femmes
