Les cafés géographiques qui fleurissent en France ont donné l’idée à l’Association des Licenciés en Géographie de l’ULg (Algulg) de se réunir dans un lieu convivial, qu’est le Mad Café ( le café du Musée d’Art Différencié) au cœur d’une exposition d’artistes, pour discuter d’un problème lancinant : la désertification de certaines régions de l’Afrique .
Et le succès fut au rendez-vous : trente-six personnes participèrent au souper africain qui précédait le débat, certains vinrent de Charleroi, Bruxelles et même de Bruges ! Après le repas, au café géo, l’assistance doubla .un succès donc, et pas seulement dans le nombre, mais dans l’esprit et l’atmosphère. Il y a clairement un regain d’intérêt pour les réunions conviviales où chacun s’exprime librement.
L’exposé
Pierre Ozer nous a entrainés en Afrique de l’ouest et plus particulièrement en Afrique subsaharienne.
Une grande sécheresse a frappé le Sahel dans les années 70 et 80. C’est ainsi que, par exemple, le lac Tchad a vu sa superficie passer de 23 000 à 1 300 km².
L’isohyète de 300mm s’est alors déplacée de près de 200 km vers le sud. Mais maintenant que la pluviométrie est remontée, les terres rendues stériles par le sable le sont restées, et leur superficie ne fait dans l’ensemble qu’augmenter.
La pression démographique a des effets directs sur la surexploitation des sols, et plus particulièrement sur les coupes de bois et le surpâturage.
La production céréalière par habitant est en baisse. La ruine de l’économie est, dans certaines zones, terrifiante. L’aide internationale à l’Afrique est, d’autre part, ridiculement insuffisante.
Débat et conclusion
La discussion qui a suivi a été des plus animées.
La désertification apparaît ainsi comme un processus en grande partie d’origine naturelle mais considérablement renforcé par la pression démographique, elle-même augmentée par la grande pauvreté de la population, et par la quasi-absence d’assistance raisonnée et structurée.
L’attitude frileuse des Etats du Nord est une incitation au désastre. La création d’écoles n’est absolument pas favorisée par les Etats du Nord. La nécessité de se préparer à s’adapter aux changements climatiques en même temps que de lutter contre la pauvreté a été soulignée.
D’autre part ,et bien plus modestement , cette rencontre a permis de réunir à nouveau dans un lieu convivial et au cœur de la ville des personnes désireuses de renforcer les liens avec la géographie actuelle dans une ambiance fraternelle de discussion, de réflexion et de recherche de moyens d’action. Grâces en soient rendues à l’orateur du jour et à tous les intervenants.
De nombreux participants ont explicitement souhaité que ce premier café géographique ne soit pas le dernier. Ils seront exaucés.
Compte rendu : Camille Ek
Pour aller plus loin :
La désertification, un faux problème ? (Pierre Ozer)
