Gilles Fumey
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Brèves de comptoir
Gilles Fumey Puissants instruments de mobilité, les chevaux ont été de grands auxiliaires de l’homme dans la construction d’espaces politiques ou économiques. Que serait sans eux la géographie des Etats-Unis, de l’Argentine, de la Mongolie dont les maillages doivent beaucoup aux chevaux ? Les sciences sociales se sont intéressé au cheval depuis quelques décennies et Jean-Pierre Digard en a fait une synthèse magistrale dans Une histoire de cheval : art, techniques et sociétés. Tous les travaux, y compris ceux du géographe Xavier de Planhol, ont exploré le berceau du cheval domestiqué en Asie centrale, vaste (...)
Les lettres de Cassandre
Pierre Gentelle Cagliari, Sardaigne, samedi soir, le 26 avril, une atmosphère tendre, un léger souffle, zéphyr et non pas bise, le ciel du couchant clair sous un dais de nuages même pas impressionnants : juste pour faire croire qu’ils pourraient se muer en orage, mais ils n’en ont pas envie. La lagune et ses marais salants scintillent au pied des montagnes, la ville est lumière douce vue depuis l’esplanade de la citadelle aragonaise et catalane qui domine l’espace jusqu’au port. Le regard s’étend loin, sur plus d’un demi-cercle. Il suffirait de se déplacer le long des remparts (...)
Vox geographi
Marianne Blidon Préambule
« C’est d’un autre Marais qu’il s’agit. Loin du quartier gay de la capitale, de ses restaurants et boutiques ornés de rainbow flags (drapeaux arc-en-ciel, signe de l’appartenance à la communauté homosexuelle), de ses corps body-buildés et de sa vie nocturne, ce Marais-là est un rêve de douceur et de tranquillité. Un labyrinthe de chlorophylle, où l’on s’enfonce au gré des conches, ces paisibles canaux couverts de lentilles d’eau. Une ribambelle de villages et de vieilles pierres lui vaut le surnom de « Venise verte », on la parcourt à bord de barques. (...)
L'Association des Cafés géographiques
Adhérer à l’association des Cafés géographiques La géographie déserte les amphis et les salles de classe pour les bistrots ! Ils sont une poignée d’étudiants, anciens khâgneux à la Sorbonne qui, avec leur ancien professeur, veulent poursuivre les discussions de la prépa et refaire le monde. Pourquoi la géo ? Et pourquoi ce grand écart entre le lycée où la géographie « ennuie », comme le dit Yves Lacoste, et la fac où la géo passionne ? Pourquoi fait-on tant de géo à la télévision, en voyage, à table, au cinéma, dans les romans ou en mille autres occasions et que, brutalement, après le bac, elle disparaît de la plupart des cursus ? Qu’il n’en reste que dans de belles revues de papier glacé où elle se confond avec l’aventure, la vie des animaux ou des peuples oubliés ? Ils s’attablent donc, ces jeunes, avec Gilles Fumey, qui fait le pari d’une aventure possible dont il a entrevu ce qu’elle pourrait donner au Festival international de Saint-Dié-des-Vosges. Là, en octobre 1997, chez Annie, au bar bien nommé 1507, en hommage à l’année où les astronomes du Gymnase vosgien vont écrire pour la première fois America sur une nouvelle carte du monde qui fait apparaître les terres découvertes par Christophe Colomb et Amerigo Vespucci. Ce soir là, Antoine Bailly avait appris aux clients à boire de la bière, à comprendre comment les géographes en parlaient... Rude bonne idée dont les pousses vont germer au printemps 1998, au pied du Panthéon, au Flower’s, puis à l’Ecritoire, bar enfumé de la place de la Sorbonne bien connu des gratte-papier et des philosophes et, depuis 2001, au prestigieux Café de Flore, à un jeu de cartes de la Société de géographie, la plus ancienne du monde (1827). Les Cafés géo ont monté un site internet en 1998 qui a été piloté par Marc Lohez et qui est en charge depuis 2003 par Yann Calbérac (Lyon). Olivier Milhaud (Bordeaux), l’un des premiers de l’équipe, a été rejoint par Alexandra Monot (Strasbourg) et, plus récemment, Julie Le Gall, Aurélie Delage, Vincent Marcilhac, Bertrand Pleven (à Paris). En 2002, sont nés avec Delphine Papin (de l’Institut de géopolitique, de Paris-VIII) les Cafés géopolitiques, installés, pour le symbole, à la Bastille, puis aux Halles. Ils sont animés depuis 2005 aussi par Frank Tétart, du Dessous-des-Cartes. Quant à Sonia Jedidi (présidente d’ACTED, ONG humanitaire), elle a démarré en décembre 2007 un Café humanitaire. Grâce à l’association, un réseau de Cafés géo a pu se créer en France et dans le monde - francophone pour l’instant (Belgique, Québec). Mais chaque ville a son système d’organisation. Dans les régions, les médias locaux sont souvent impliqués, les élus interviennent sur des questions locales. Nos amis belges ont des perceptions différentes de ce qu’on est en France. Les Québécois ont une plus forte sensibilité à l’environnement, aux minorités... Toute personne qui aime la géographie, sans être géographe, peut rejoindre l’association et, même, animer un Café. Car la géographie n’appartient pas aux géographes. L’association aide le développement des Cafés géo, mais ce n’est pas une œuvre de bienfaisance. Quand on est membre de l’association (pour s’inscrire cliquez ici), on se retrouve pour apprendre à connaître la carte des pays, mais aussi la carte par les restaurants. Une agréable occasion de voyager par la table. On apprend à connaître les vins par la géographie (les dégustations ont lieu à la Sorbonne). On voyage dans des endroits impossibles de la planète (Ouzbékistan, Géorgie, désert du Hoggar) avec des géographes de terrain. En 2008, un voyage est programmé à Madagascar et une sortie en Bourgogne. Les Cafés géo ont un ancêtre allemand : le Geographisches Abend, dans une salle de la Brasserie le Thüringerhof, à la fin du 19e siècle à Leipzig. Là, devant les cruches pleines, sans se laisser troubler par les éclats de quelques chansons bachiques qui s’élèvent parfois des salles de corps du rez-de-chaussée, on écoute une conférence faite le plus souvent par un étudiant qui va passer bientôt son doctorat et donne le résultat de recherches, ou par un privat docent qui raconte un voyage d’exploration scientifique, ou même un professeur qui donne quelques bonnes feuilles d’un livre prêt de paraître. Qui est-là ? Des étudiants, des professeurs de géographie ou de sciences voisines, parfois des hôtes de passage, comme De Martonne qui racontera une de ses soirées. La soirée est toujours close par Frédéric Ratzel ou un assistant. Les pipes et les cigares peuvent s’allumer pour refaire le monde. Et si vous n’êtes pas convaincus, relisez ce que nous écrit Mathieu Ponnard : Pourquoi aller aux Cafés géographiques ? A bientôt aux Cafés géo ! |
Au menu…
Débat le 13/05/08 à 20 h à Paris (Café de Flore) animé par Laurent Davezies (Paris 12 et Sciences Po).
> Présentation du débat Débat le 14/05/08 à 18 h à Lyon animé par Jean Rieucau (Lyon 2).
Débat le 15/05/08 à 18 h 30 à Metz animé par Olivier Milhaud (Bordeaux 3).
Débat le 21/05/08 à 18 h 15 à Rennes animé par Vincent Nedelec (Rennes 2).
Débat le 28/05/08 à 18 h à Toulouse animé par Sophie Gunther-Porcarelli (Lyon 3).
Débat le 02/06/08 à 19 h à Paris (Café géopolitique) animé par Bruno Tertrais (Fondation pour la Recherche Stratégique).
Dans le marc de café…
Chaque mercredi à 14 h, mettez votre intuition géographique à l’épreuve en écoutant Planète Terre, l’émission de Sylvain Kahn sur France Culture.
> le site de l’émission > le programme des prochaines émissions Le 19° Festival International de Géographie se tiendra à Saint-Dié-des-Vosges du 2 au 5 octobre 2008. Il aura pour thème : ""Entre guerres et conflits : la Planète sous tension". Le pays invité sera le Japon.
> Le site du FIG > Les actes du FIG Géographie des cafés…
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