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Brèves de comptoir

Gilles Fumey

Dans l’espace public des villes du Golfe persique, hommes et femmes tiennent des rôles qui sont rarement ceux des couples. Vous croisez un couple ? Il accompagne sans doute des enfants. Bien sûr, vous verrez des étudiants rire avec des étudiantes sur les canapés rouges de la Sorbonne-Abu Dhabi. Mais ailleurs... Vêtues de noir dans de soyeuses robes, port de tête tenu haut, de nombreuses femmes promènent leur silhouette nonchalamment, souvent campées sur une tête dont le visage est plus ou moins voilé. L’étranger se pose des questions qui s’émoussent avec l’habitude du regard. Mais sitôt, rentré en (...)
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Les lettres de Cassandre

Pierre Gentelle

On ne passe pas impunément une dizaine d’étés et quelques mois d’automne dans un pays, pour y débusquer à la fois les traces d’utilisation de l’eau et les organisations des paysages aux alentours de fouilles archéologiques, même si ces séjours se situent dans l’antiquité, de 1966 à 1978, sauf l’été de 1968, sans laisser un morceau de soi-même accroché aux paysages parcourus et aux gens rencontrés. Cassandre est dans ce cas. Il existe une géographie du souvenir. Elle n’a rien à voir avec une géographie de l’émotion, de la doléance, de la nostalgie de la jeunesse. Elle décrit ce (...)
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Vox geographi

Jean-Pierre Augustin

Vancouver située entre océan et montagne et disposant d’un port libre de glaces, bien abrité et ouvert sur l’Asie dispose d’atouts géographiques à l’origine de sa croissance urbaine et de son dynamisme économique. Le centre ville densément construit sur une péninsule limitée au nord par le fjord Burrard et au sud par False Creek contraste avec les banlieues se prolongeant au nord par les versants boisés de la chaîne côtière où s’accrochent les zones résidentielles de North et West Vancouver, au sud et à l’est par les secteurs aérés au-delà de Richmond et Burnaby. La nature est omniprésente (...)
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L'Association des Cafés géographiques

Adhérer à l’association des Cafés géographiques

La géographie déserte les amphis et les salles de classe pour les bistrots ! Ils sont une poignée d’étudiants, anciens khâgneux à la Sorbonne qui, avec leur ancien professeur, veulent poursuivre les discussions de la prépa et refaire le monde. Pourquoi la géo ? Et pourquoi ce grand écart entre le lycée où la géographie « ennuie », comme le dit Yves Lacoste, et la fac où la géo passionne ? Pourquoi fait-on tant de géo à la télévision, en voyage, à table, au cinéma, dans les romans ou en mille autres occasions et que, brutalement, après le bac, elle disparaît de la plupart des cursus ? Qu’il n’en reste que dans de belles revues de papier glacé où elle se confond avec l’aventure, la vie des animaux ou des peuples oubliés ?

Ils s’attablent donc, ces jeunes, avec Gilles Fumey, qui fait le pari d’une aventure possible dont il a entrevu ce qu’elle pourrait donner au Festival international de Saint-Dié-des-Vosges. Là, en octobre 1997, chez Annie, au bar bien nommé 1507, en hommage à l’année où les astronomes du Gymnase vosgien vont écrire pour la première fois America sur une nouvelle carte du monde qui fait apparaître les terres découvertes par Christophe Colomb et Amerigo Vespucci. Ce soir là, Antoine Bailly avait appris aux clients à boire de la bière, à comprendre comment les géographes en parlaient... Rude bonne idée dont les pousses vont germer au printemps 1998, au pied du Panthéon, au Flower’s, puis à l’Ecritoire, bar enfumé de la place de la Sorbonne bien connu des gratte-papier et des philosophes et, depuis 2001, au prestigieux Café de Flore, à un jeu de cartes de la Société de géographie, la plus ancienne du monde (1827).

Les Cafés géo ont monté un site internet en 1998 qui a été piloté par Marc Lohez puis de 2003 à 2009 par Yann Calbérac (Lyon). Depuis 2009, Jean Philippe Raud Dugal en a la charge. Olivier Milhaud (Bordeaux), l’un des premiers de l’équipe, a été rejoint par Alexandra Monot (Strasbourg) et, plus récemment, Julie Le Gall, Aurélie Delage, Vincent Marcilhac, Bertrand Pleven (à Paris), Emmanuelle Peyvel, Pierre Raffard.

En 2002, sont nés avec Delphine Papin (de l’Institut de géopolitique, de Paris-VIII) les Cafés géopolitiques, installés, pour le symbole, à la Bastille, puis aux Halles. Ils sont animés depuis 2005 aussi par Frank Tétart, du Dessous-des-Cartes. Quant à Sonia Jedidi (présidente d’ACTED, ONG humanitaire), elle a démarré en décembre 2007 un Café humanitaire.

Grâce à l’association, un réseau de Cafés géo a pu se créer en France et dans le monde - francophone pour l’instant (Belgique, Québec). Mais chaque ville a son système d’organisation. Dans les régions, les médias locaux sont souvent impliqués, les élus interviennent sur des questions locales. Nos amis belges ont des perceptions différentes de ce qu’on est en France. Les Québécois ont une plus forte sensibilité à l’environnement, aux minorités... Toute personne qui aime la géographie, sans être géographe, peut rejoindre l’association et, même, animer un Café. Car la géographie n’appartient pas aux géographes.

L’association aide le développement des Cafés géo, mais ce n’est pas une œuvre de bienfaisance. Quand on est membre de l’association (pour s’inscrire cliquez ici), on se retrouve pour apprendre à connaître la carte des pays, mais aussi la carte par les restaurants. Une agréable occasion de voyager par la table. On apprend à connaître les vins par la géographie (les dégustations ont lieu à la Sorbonne). On voyage dans des endroits impossibles de la planète (Ouzbékistan, Géorgie, désert du Hoggar) avec des géographes de terrain. En 2010, une sortie aura lieu dans le Jura. Et en 2009 grâce à Maryse Verfaillie et les collègues Eck, c’est à Liège 2009 que les adhérents sont partis, ainsi qu’à Londres et qu’ils se retrouveront à Strasbourg en 2010.

Les Cafés géo ont un ancêtre allemand : le Geographisches Abend, dans une salle de la Brasserie le Thüringerhof, à la fin du 19e siècle à Leipzig. Là, devant les cruches pleines, sans se laisser troubler par les éclats de quelques chansons bachiques qui s’élèvent parfois des salles de corps du rez-de-chaussée, on écoute une conférence faite le plus souvent par un étudiant qui va passer bientôt son doctorat et donne le résultat de recherches, ou par un privat docent qui raconte un voyage d’exploration scientifique, ou même un professeur qui donne quelques bonnes feuilles d’un livre prêt de paraître. Qui est-là ? Des étudiants, des professeurs de géographie ou de sciences voisines, parfois des hôtes de passage, comme De Martonne qui racontera une de ses soirées. La soirée est toujours close par Frédéric Ratzel ou un assistant. Les pipes et les cigares peuvent s’allumer pour refaire le monde.

Et si vous n’êtes pas convaincus, relisez ce que nous écrit Mathieu Ponnard : Pourquoi aller aux Cafés géographiques ?

A bientôt aux Cafés géo !


Dans le marc de café…
Le programme du festival Saveurs, voir et savoirs qui propose des projections de films et des débats avec des invités. Télécharger le programme sur la page suivante :
> Le programme du festival
Chaque mercredi à 14 h, mettez votre intuition géographique à l’épreuve en écoutant Planète Terre, l’émission de Sylvain Kahn sur France Culture.
> le site de l’émission
> le programme des prochaines émissions
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